Installation
L’œuvre de Gus Van Yessine se déploie dans un dialogue constant entre mémoire, matière et regard. Ses installations, souvent monumentales, interrogent la relation entre l’objet, son histoire et celui qui l’observe. Travaillant principalement le métal, le bois et les matériaux de récupération, l’artiste développe un corpus où le poids des souvenirs se matérialise dans des assemblages rigoureux, parfois fragiles, toujours chargés d’une dimension intime.
Souvenirs en wagonnet constitue l’une des séries emblématiques de son travail. L’artiste y accumule des fragments de mémoire dans des caisses de fonte lestées de ciment. Ces éléments sont ensuite empilés et associés de manière volontairement irrégulière, souvent par paires, évoquant des épisodes personnels et des récits enfouis.
Avec Stratégie oblique, Gus Van Yessine invite le spectateur à modifier sa posture et son angle de vision. Par de subtils mouvements de la tête et du corps, chacun est amené à réinterroger la frontière entre le regardeur et le regardé. L’installation prend souvent la forme d’ensembles monumentaux pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres de longueur.
Dans Trace, l’artiste explore les effets du temps, du repos et de l’abandon sur la matière. Les surfaces se dégradent lentement, révélant leurs pigments et leurs textures originelles. L’œuvre devient ainsi le témoignage d’une transformation silencieuse où le matériau retrouve progressivement son état premier.
Plexus est un costume-sculpture présenté et remarqué lors du Festival d’Avignon en 2022, dans le contexte de l’après-confinement. Entre vêtement, armure et prolongement du corps, cette pièce interroge les nouvelles formes de présence et de relation à l’espace collectif.
La série Contre chien et marée met en scène des dialogues entre objets hétérogènes. Couleurs, motifs, volumes et matériaux se confrontent dans des compositions instables. L’artiste cherche à déstabiliser le regard et à questionner les notions d’équilibre, de tension et de coexistence.
Avec Éparpillés, Gus Van Yessine aborde la mémoire à travers l’oubli. Inspirée par la perte répétée de ses clés, cette série propose une déconstruction de l’ordre établi. Les éléments sont dispersés dans l’espace, parfois jusqu’à entraver le passage du visiteur. Le geste artistique devient alors une réflexion provocatrice sur le rangement, la disparition et la persistance du souvenir.
La Série des barricades constitue un ensemble complexe de structures difficilement appréhendables dans leur totalité. Le visiteur ne peut jamais en faire complètement le tour ni en saisir l’ensemble d’un seul regard. Cette impossibilité devient le sujet même de l’œuvre, renvoyant chacun à sa propre perception de la complexité.
Parmi ses réalisations les plus connues figure Complexus, une œuvre monumentale de cinquante mètres de long composée de lamelles de bois exotique importées spécialement de Malaisie. Son architecture imposante évoque à la fois le brutalisme, les infrastructures ferroviaires du début du XXᵉ siècle et les grands projets urbains de Chicago ou de Milan dans les années 1930.
Œuvre de jeunesse, Agressor Rictus témoigne de l’intérêt précoce de l’artiste pour la figure humaine. À partir de matériaux récupérés puis sculptés, Gus Van Yessine déconstruit le visage en concentrant son attention sur les formes dentaires et buccales. On y retrouve les prémices d’un figuralisme singulier, nourri par son expérience passée de peintre en bâtiment.
Enfin, Reprographie de lieu, présentée au Centquatre à Paris, s’intéresse à la reconstruction d’espaces ruraux sous la forme de décors presque cinématographiques. L’artiste y questionne la représentation du monde ouvrier et paysan dans les grandes métropoles, cherchant à rendre visibles des réalités souvent éloignées du regard urbain.
Œuvres présentées
- Agressor Rictus
- Série des Barricades
- Complexus
- Contre chien et marée
- Costume Plexus
- Éparpillés
- Souvenirs en wagonnet
- Reprographie de lieu
- Stratégie oblique
- Trace