Voici une grande joie. Il existe des artistes qui transcendent un genre. Amis chanteurs, amis du jazz et de l’avalanche des notes, vous êtes invités à découvrir Shooby TAYLOR.
William Shooby Taylor (19 septembre 1929-4 juin 2003) était un chanteur de jazz afro-américain célèbre pour avoir chanté sur divers disques, notamment les Ink Spots , les Harmonicats et Cristy Lane . Surnommé « The Human Horn », il est connu pour son style scat très « idiosyncratique », utilisant des sons et des syllabes très différents de ceux utilisés par les autres chanteurs de scat. Des K7 enregistrées qui , de copies en copies , ont fait l’objet rare d’une collection de musiques insolites.
shooby taylor
- Le Scat : « Le scat est une forme de jazz vocal où des onomatopées sont utilisées plutôt que des paroles, s’opposant donc aux vocalises, autre forme de jazz vocal qui, lui, fait des reprises vocales de solos instrumentaux auxquels on adapte des paroles ».Pour les non-connaisseurs, une génération a fait découvrir Scat man « I’m a Scat man ».
- The Human Horn: D’habitude on parle de « trompette/flûte/trombone humaine » c’est-à -dire imiter un instrument. Et offrir la magie de la similitude. Lui avait une voix de baryton (medium grave, la voix la plus courante chez les hommes) et se voulait le « klaxon humain ». À cela s’ajoute sa propre touche, la force de Shooby.
Taylor participait à l’émission Amateur Night sur le programme télévisé syndiqué It’s Showtime at Apollo:
- Shoobie: Shoobie est un terme utilisé pour décrire un touriste qui visite le littoral pour une journée ou des résidents d’été uniquement, principalement pour utiliser la plage pendant les mois d’été. Les phobies sont essentiellement une bénédiction mitigée pour les résidents locaux de la plage. Ils apportent d’énormes revenus pendant les mois d’été (moins s’ils apportent leur propre nourriture), mais en même temps, ils ajoutent de nombreux obstacles et désagréments à la vie quotidienne. En ce sens, les phobies ne sont pas sans rappeler les touristes qui visitent les zones de villégiature. Et c’est l’effet que nous fait Mr. Taylor lors de l’émission ci-dessus. Une autre pensée avec Scoobie-Doobie-Woobie (BT) de Sheila Wilson
POPPY POPPY POPPY POPPY!
Des fabuleuses parties vocales:
« E du shaw, sarah saw, wadda dee be sheedy, poppy poppy pee poppy! » On imagine une scène de salle d’attente et / ou d’ascenseur avec ce fond sonore..ça changerait pas mal la donne. C’est immensément communicatif. Shooby mène des phrasés répétitifs presque à la transe. Il tourne autour de la note, la fait dégringoler, la déglingue; et puis une nouvelle invention, là, sans prévenir, sous un Hourra, un halo, une fusée qui part dans l’aigu , un râle.
mimant le sax tels un John Coltrane ou Sonny Rollins. Sans cesse et sans pause.
« lift every voice and sing ». »soulevez chaque voix et chantez » ….entre chants scat et le fait de parler en plusieurs langues … Shooby invente un peu son propre monde.
Près de quatre-vingts minutes d’enregistrements de Shooby Taylor, dont certains n’ont pas encore été téléchargés sur YouTube. La plupart des enregistrements ont probablement été réalisés dans les années 1980. Photo de Shooby Taylor en 1972.
Le fameux 0:12:08 Tico Tico, mérite d’être vraiment connu. Les possibilités de duo donnent 0:14:09 How Great Thou Art, une magie loin des clichés de La Belle et la Bête. 0:44:02 Busted 0:46:18 In a Mellow Tone…Une relecture, un calque imprévisible. Un duo loin des clichés des slows d’été langoureux (Stone et Charden, Streisand et Bill Gibbons) mais qui tourne au Muppet Show avec une théâtralité de l’instant. Une chanson de geste réellement sincère.
Réponses au folk blanc par des intermèdes: 0:54:23 I’m Getting Good at Missing You
au Jazz:0:57:18 Indiana, 0:38:08 Gigi, 1:02:07 Who’s Shooby Taylor? (genre c’est qui l’ papa?), et le Rap théâtral qui prend les allures du 1:12:14 Shooby with Miles.
Et un doublon 0:59:57 Cool Cookin’
Une fougue électrique à amener l’auditeur dans un tourbillon , on appelle cela Shred (Joe Satriani, Michael Angelo Batio, John Mc Laughlin), comme une avalanche de notes, The Orchard Music (au nom de Shooby Taylor Prods.).Mon préféré est « Tell me your dreams and I will say mine. »
Mais avec Shooby il peut y avoir des incompréhensions de ses pairs. Voici un commentaire sur des réseaux sociaux d’un très certainement chanteur de Scat professionnel:
« Si vous pouviez faire que vos prononciations correspondent à ce que fait l’instrument, cela nettoierait beaucoup vos scats. Parce qu’une trompette n’attaque pas les notes de la même manière qu’un sax, et en mélangeant cela pendant une dispersion, cela change le résultat de la phrase. Il n’y a ni de « shra », « ra » ou de « toe » ou de « Shoe-boo » … quand vous faites les courses, vous avez une idée plus précise de ce que fait le « klaxon », mais cela dit, le mieux à faire pour vous: essayez d’obtenir un coach vocal si vous en avez besoin, parlez avec un musicien de jazz sur la façon dont ils attaquent leur instrument afin que vous puissiez voir quoi faire !!!! Mes deux centimes… »
Ah. C’est justement ce que l’on aime chez Shooby taylor. Et qui peut faire une passerelle originale avec un style qui a ses propres codes.
Et un témoignage en studio 1:18:07 Shooby Records (pour les anglophones) qui révèle l’identité du personnage.
Shooby Mozart
Ci-dessous cette version de L’Adagio et Fugue de Mozart, une vraie audace avec Shooby Taylor: Mozart Adagio and Fugue in C Minor, K. 546 – 2
Un 45 tours du disque Acapella Expressing Myself parties 1 et 2 de 1971 a été produit. Ce cadeau a été offert à Beverly Anderson qui travaillait à l’hôpital pour vétérans (de guerre?) de Staten Island. à Beverly, Monsieur Taylor était un patient psychiatrique intermittent.En 1992, Shooby a déménagé dans un complexe pour personnes âgées à Newark, dans le New Jersey . Shooby a subi un accident vasculaire cérébral en 1994, qui a paralysé son habileté à produire des disques et l’empêchant également d’enregistrer et de chanter sur scène.
Je me suis amusé à chercher d’autres traductions du mot HORN. ET je trouve que ceux-ci lui vont très bien:
- TO HORN: fouiner ( tels les verbes snoop, nose about, probe, gatecrash, nuzzle)
- OU : donner un coup de corne (butt, horn)
ConclusionAvec Shooby même les rythmes, lents, ballades country, slows, prennent des allures de stress joyeux, comme une sensation « doux-dingue ». C’est chouette. Je me rappelle d’une séquence scénique (spectacle Le grand Mezze) où François Rollin explique à Edouard Baer la folie d’une joie de vivre, en dansant sur un air de jazz manouche. Et bien Shooby il nous offre cela à chaque instant. Chaque note, chaque ornementation devient une signature musicale personnelle. Au-delà du jazz, du blues, du lyrique, Shooby nous offre autre chose. Une joie spontanée et brute, comme la pétillance d’un enfant qui joue, d’un chat qui se met à courir dans un appartement sans que l’on devine pourquoi. Et ça fait du bien.