http://itouramoussongo.free.fr/

Il est possible qu’à la vue et à l’écoute de la première vidéo, le voyage s’arrête ici pour certain(e)s d’entre vous. Dommage. Car parfois c’est avec un long fil de temps enroulé que notre passe d’un état à un autre. Prenons l’exemple de la bande de gamins que nous étions. Sans aucune nostalgie, nous menons l’enquête avec un regard antérieur et nécessaire afin de bien comprendre la démarche. Nous aimions le ridicule, le décalage et la gaudriole. Notre enfance musicale fut un jeu de piste. Nous étions de jeunes chineurs de brocante en quête de trésors cachés. Nous faisons vinyles et cassettes audio de nos parents. Puis nous nous retrouvions avec nos trésors respectifs à troquer et partager telle une réunion Tupperware :

« – Alors quoi de neuf ? Qu’avez-vous trouvé ? » « – Ecoutez ça les gars!! ».

Et comme rituel nous étions comme des baleines, dans des rires aiguës et sous des pleurs hystériques à l’écoute de certains Plastic Bertrand, Pit et Rik, Anarchic System, Sintony, La famille des Bots, Ringo, Jean Pierre Sauser

C’était lors d’une nuit d’insomnie adolescente que se produisit un événement mystérieux. À minuit, juste après que l’horloge ait sonné, dans l’entrebâillement d’une nuit chaude et interminable, je tombai sur un clip vidéo qui, malgré sa simplicité, marqua ma mémoire. Je vis un homme noir en costume, rien de surprenant jusque-là, chanter sa chanson. Cependant, la qualité sonore et visuelle de cette vidéo était bien inférieure à celle de ses contemporains qui brillaient sur le petit écran. Les couleurs du clip, floues et psychédéliques, me firent douter du bon fonctionnement de mon téléviseur. Peut-être était-ce le sien qui était en panne… C’était là l’aspect visuel. Puis, une autre surprise m’attendait. Je découvris sa danse, maladroite, se déplaçant comme un félin blessé. Sa voix, approximative, avait un son globalement faible… presque désagréable. Une sorte de…C’était le punk de la chanson, après tout ! Ses paroles étaient tout aussi singulières. Parmi des artistes comme Marilyn Manson, les 740 Boyz, Corona et Axelle Red, celui-ci s’est soudainement imposé comme le plus précieux à mes yeux. Étonné. Perplexe. Surpris. Et j’ai simplement lâché :

« -Oh putain ! ». Itoura Moussongo. Qui est ce type ?

Je désirais en apprendre davantage sur lui : sa discographie, les autres clips qu’il avait réalisés. Je parcourais les rayons de musique du monde, interrogeant les disquaires. Si ce type passait sur M6, c’était sûrement qu’il avait du succès, non ? Ce qui était certain, c’est que parmi cette vaste gamme de produits musicaux, c’était ce frêle poisson qui avait attiré mon attention. De tous ces clips prometteurs et mis en avant, lui seul restait gravé dans ma mémoire. Était-il une perle rare ? Un art musical brut ? Un outsider ? Je ne connaissais pas ces termes à l’époque. Mais une chose était claire : il m’avait offert la possibilité de m’évader, de m’envoler au fil des années dans une quête de plus en plus frénétique, animée par un appétit insatiable ! À la recherche d’artistes de la chanson qui semblaient médiocres, voire très médiocres, ma définition et ma vision de la musique se façonnaient comme un petit caillou précieux que je gardais dans ma poche. Cependant, avec le temps, quelque chose de différent a commencé à germer en moi. Une attention plus douce, une essence nouvelle.

ATTENTION !!! Itoura Moussongo humble avis ne fait preuve d’aucun trouble psychique. Il s’agit ici  par sa référence de montrer l’origine musicale de ces recherches.

C’était une chanson d’amour. Que direz-vous de plus banal? Mais  les mots choisis, la syntaxe, l’intention paraissent pour certains déstabilisant, à s’échapper d’un genre musical défini:

Si de ton côté le feu s’est éteint,
La moindre des choses c’était de m’informer
Ces derniers jours, la rivière n’était pas si profonde.
Cela t’a irritée t’es partie.
Maintenant que le barrage alimente toute la région,
Je nage mieux je n’ai plus de partenaire, Steph.

{Refrain}
Parle moi d’amour, de tes tristesses, tes envies.
Doudou Doudou Doudou ma midou. {x2}

NOM: Cela t’a irritée t’es partie. Gamin je comprenais « cela t’a irrité tes parties. Qui forcément n’a rien à voir, mais avec la loufoquerie des paroles entendus, je laissais place à cette phrase. Petite digression, mais qui aura son importance au fil des articles. Sur la compréhension.